Importance de l'effet Hall pour comprendre la turbulence à la magnétopause

                                               L. Rezeau

                                                              CETP

L'effet Hall constitue l'un des effets non-idéaux les plus simples que l'on peut prendre en compte pour prolonger la MHD, et c'est la première qui s'introduit lorsque les échelles considérées ne peuvent plus être considérées comme infiniment grandes. Les différences macroscopiques induites par ce terme Hall peuvent se révéler considérables. L'exemple qui sera présenté concerne la propagation d'ondes à travers une surface de discontinuité tangentielle de l'environnement terrestre : la magnétopause. Le traitement MHD idéal (ou même résistif) donne lieu, pour les ondes monochromatiques, à des singularités mathématiques connues sous le nom de « résonances d'Alfven ». Nous montrerons que ces singularités ne sont en fait que des artefacts du modèle et qu'il n'en reste aucun souvenir en MHD-Hall. Par contre, le traitement MHD-Hall permet de comprendre comment des ondes d'Alfven de petite longueur d'onde peuvent se trouver piégées dans la couche de discontinuité et être à l'origine d'un phénomène de « micro-reconnexion magnétique » important pour la physique de ce milieu.